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Publié : 20 octobre 2007

Limiter notre charge de travail : 450 heures.élèves pour tous !

La charge de travail des enseignants n’est pas facile à évaluer : si une partie de son temps de travail s’effectue devant les élèves, la plus large part s’effectue hors cette présence. Reste qu’il est possible d’évaluer, plus finement que par le temps de service, le travail accompli devant des élèves.

{{{1. Comment calculer la charge de travail ?}}} Un indicateur donne une bonne approximation de la charge de travail, en tenant compte du nombre d'élèves et des effectifs de chaque heure devant élèves, c'est le nombre d'{{heures.élèves}}. Le calcul du nombre d'heures.élèves suppose de disposer d'une calculatrice : - pour chaque classe, on multiplie chaque heure par le nombre d'élèves présents ; - on totalise. {Si j'ai : - une seconde avec 34 élèves (3 heures en classe entière, 2 heures dédoublées, 1 heure d'aide avec 8 élèves), - une première avec 32 élèves (4,5 heures en classe entière et 2 heures dédoublées) - et une terminale de 28 élèves (2 heures sans dédoublement), ma charge en heures.élèves sera de :} $\big( 34\times 3+17\times 2+8\times 1 \big) + \big( 32 \times 4,5 + 16 \times 2 \big) + 28 \times 2=352$ {soit 352 heures.élèves (pour 16 heures de service).}

2. La charge de travail peut prendre des valeurs qui dépassent largement les écarts de temps de travail !

Sur ce plan de service, nous constatons que l’écart de charge de travail, pour des pleins temps, est de :

484-296=188 heures.élèves, ou ce qui en pourcentage montre que l’un fait 63% de plus que l’autre... pour des écarts théoriques de service de 23% (18,5/15=1,23) ! Cela illustre bien que nous ne pouvons raisonner simplement par la durée du service pour évaluer les différences de charge de travail.

Aller vers l’égalité de la durée de service pour tous ceux qui exercent la même fonction, quel que soit le grade et la paye, devrait aller de soi : aucune entreprise, aucun service public ne fonctionne autrement.

Reste qu’aucun indicateur ne permet de distinguer une classe pénible d’une classe agréable à gérer, ou la différence entre les préparations de cours et les corrections entre lycée et collège ou entre français et mathématique.

3. Revendiquer un maximum de 450 heures.élèves pour tous

Évaluer la charge de travail de chacun avec plus de détails permettrait de mieux la réguler : une charge de travail normale de 450 heures.élèves, c’est 15 heures devant 30 élèves ou 18 heures devant 25 élèves, est une limite raisonnable... Certains pousseront un soupir de soulagement... d’autres se mettront au diapason de leurs collègues.

Les chefs d’établissements disposent de la répartition horaire des enseignants et classes et peuvent, au prix de quelques lignes rajoutées sur leur feuille de calcul, effectuer automatiquement le calcul de la charge de travail de chacun en heures.élèves. Serait-ce trop demander que de solliciter un peu de gestion de la ressource humaine, pas toujours dans le sens du citron pressé ?

Ajoutons que les déclarations publiques exprimant la nécessité de récompenser l’effort au travail paraissent, dans le milieu enseignant, caricaturales : ceux qui en font le moins sont mieux payés que ceux qui en font le plus [1]. Tant que nous accepterons ce principe absurde [2], nous aurons du mal à trouver un consensus sur la pénibilité de notre métier et les moyens d’y remédier.

Notes

[1alors que dans l’ensemble des métiers du public ou du privé, ceux qui sont les plus qualifiés, en début de carrière ou par expérience professionnelle, sont ceux qui travaillent toujours plus que les autres, la paye étant à hauteur de l’effort

[2l’évoquer semble tabou dans tous les lieux, y compris dans les syndicats enseignants