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Par : mathazay
Publié : 11 mars 2006

Statistiques et microéconomie

Sous le titre « L’Economie descend dans la rue » LE MONDE 2 a publié un entretien avec Steven Levitt, auteur du best seller américain « Freakonomics », qui par le biais de l’analyse microéconomique « se fait fort d’éclairer les faits de société » que sont la drogue, l’avortement, la criminalité et la prostitution...

D’après le magazine, Steven Levitt « ne voit pas les choses comme le commun des mortels ni d’ailleurs comme le commun des économistes » et sur les sujets qui relèvent de la macroéconomie « il obtiendrait un zéro pointé » mais il « possède le talent de poser des questions qui rendent l’économie passionnante » par exemple « si les revendeurs de crack gagnent autant d’argent qu’on le prétend pourquoi habitent-ils toujours chez leur mère ? » ou « d’une arme à feu ou d’une piscine quelle est la plus dangereuse ? ».

Expliquant qu’à l’université les grandes questions économiques ne lui « disaient rien ou presque », il ajoute « mais j’étais capable de compiler des milliers de données et d’y trouver une signification là où d’autres ne voient que désordre et chaos ».

L’auteur qui indique que les travaux du Pr Guy Becker qui a étendu le champ de l’analyse économique à tous les comportements humains, ont inspiré son premier papier sur l’alcool au volant, confie « Cela peut vous paraître scandaleux mais je trouvais curieux qu’il n’existe pas de lobby des conducteurs alcooliques.

Je me suis dit qu’ils n’étaient peut être pas si dangereux que ça » et « en fait mon étude a démontré que si » et il ajoute « mais ce n’était pas si facile que ça à prouver. Après tout vous savez combien d’accidents sont provoqués par des conducteurs en état d’ébriété. Mais vous ignorez combien il y a d’alcooliques sur les routes ».

Soulignant qu’au basket pour savoir qui est le meilleur joueur il ne faut pas regarder le nombre de lancers francs réussis mais le nombre de lancers francs tentés, il dit « c’est pareil pour l’alcool au volant. En fait les conducteurs alcooliques sont dix fois plus dangereux que les autres.

Quand un peu plus loin on lui demande « vous prétendez explorer la face cachée de tout. Qu’entendez vous par « tout » ? » Steven Levitt explique notamment « Je peux vous montrer que vendre du crack offre peu de perspectives économiques. Les dealers n’ont pas d’argent.

Les médias décrivent cette activité comme très lucrative : les dealers rouleraient en décapotable, auraient des sapes et des filles incroyables. C’est tentant ...

Mais la réalité est différente. Un gang ressemble à une compagnie comme McDonald’s. Ceux situés tout en haut de la pyramide gagnent beaucoup d’argent, mais ceux qui sont en bas - l’écrasante majorité - gagnent très peu d’argent. A peine le salaire minimum ».

L’auteur qui explique avoir eu accès à un livre de compte tenu par le leader d’un gang, détenteur d’un diplôme de commerce » s’exclame « Vous imaginez l’aubaine, les dealers formés en économie sont rares. Les économistes qui font un stage pratique chez un revendeur de crack le sont encore plus » pour préciser « Et là tout est devenu clair.

Non seulement les petits dealers n’ont jamais quitté la cité mais la plupart habitent toujours chez leur maman. La raison est simple ils ne gagnent pas un rond ».

A une question portant sur l’effet de ses recherches sur les domaines dans lesquels il a enquêté, Steven Levitt répond « Il n’y a pas eu d’effet sur les dealers, ces derniers lisent peu et c’est bien dommage.

Néanmoins le gouvernement américain a fait figurer le résultat de mes recherches dans certains manuels scolaires pour montrer aux élèves que le trafic de drogue est non seulement moralement lamentable mais également peu rentable ».

La dernière question « Êtes vous un moraliste ? » appelle cette réponse de l’économiste « Je crois que les gens sont préoccupés par deux choses : améliorer leur bien être et faire les choses comme il faut (...)

Dans mon modèle, il y a donc une place pour l’éthique. Mais ce n’est pas une éthique qui vous dicte de que vous avez à faire. Je m’intéresse au comportement réel des gens plutôt qu’à une vision idéale. Par exemple je ne dis pas que vendre de la drogue c’est bien ou mal. J’explique simplement que ça ne rapporte pas un rond ».


A FEW years ago, a young economist named Steven D. Levitt became briefly notorious for collaborating on a research paper that contained a strikingly novel thesis : abortion curbs crime.

What Levitt and his co-author claimed, specifically, was that the sharp drop in the United States crime rate during the 1990’s — commonly attributed to factors like better policing, stiffer gun laws and an aging population — was in fact largely due to the Roe v. Wade decision two decades earlier.

The logic was simple : unwanted children are more likely to grow up to become criminals ; legalized abortion leads to less unwantedness ; therefore, abortion leads to less crime.

This conclusion managed to offend nearly everyone. Conservatives were outraged that abortion was seemingly being promoted as a solution to crime. Liberals detected a whiff of racist eugenics.

Besides, what business did this callow economist have trespassing on the territory of the criminologist ? Economics is supposed to be about price elasticities and interest rates and diminishing marginal utilities, not abortion and crime. That is what makes it so useful to undergraduates seeking relief from insomnia.

Post-scriptum

« Freakonomics » de Steven Levitt et Stephen Dubner, Denoël, 289 p, 19 euros.

Dernier ouvrage paru « Economiquement incorrect » Grasset novembre 2005, 173 p, 9,90 euros.